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Association Valaisanne des Professeurs de l'Enseignement Secondaire

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Les nouvelles

Filmer les cours, une fausse bonne idée ?

Pour éviter le décrochage des étudiants absents pendant plusieurs jours, il peut paraître judicieux de diffuser en direct les cours grâce à des outils numériques tels que Teams (en veillant à bloquer la fonction d’enregistrement). L’AVPES n’est pas opposée à cette pratique (que plusieurs enseignants ont d’ailleurs déjà utilisée), mais elle ne recommande pas son usage, pour les raisons suivantes.

 

  1. Les cours au secondaire II (contrairement au tertiaire qui connaît la liberté académique) sont fondés sur le présentiel, c’est-à-dire la relation d’un enseignant avec une classe d’étudiants. Filmer le cours donne l’impression qu’il existe deux modes d’apprentissage : le mode en présentiel et le mode à distance. Or l’enseignement à distance sous cette forme est une illusion.
  2. Filmer et retransmettre le cours modifie le comportement tant de l’enseignant que de l’étudiant, qui, se sachant exposés, notamment auprès de personnes potentiellement extérieures à la classe, perdent de leur spontanéité et de leur liberté. La dynamique du cours est ainsi profondément modifiée. Or il est manifeste que si l’on souhaite garder les écoles ouvertes, ce n’est pas pour privilégier des cours aseptisés et formatés.
  3. Dans quelle mesure peut-on contraindre un étudiant malade ou en quarantaine à suivre toutes les périodes de cours devant son écran (qui se réduit souvent à son téléphone portable) ?
  4. Comme les salles ne sont pas équipées de caméra, il convient de confier à un étudiant le soin de la captation. Cet étudiant prend la responsabilité du cadrage (ses camarades ne doivent pas paraître à l’écran), de la prise de son et de la qualité de la transmission. Peut-il encore suivre le cours normalement et sans inquiétude ?
  5. Filmer le cours peut s’apparenter à une solution de facilité tant pour l’enseignant que l’étudiant : puisque le cours est disponible en ligne, tout autre accompagnement peut sembler inutile.
  6. L’absence – même de longue durée – d’étudiants n’est pas un phénomène nouveau. Devra-t-on dorénavant filmer les cours dans tous les cas d’absence prolongée, pour une opération ou un accident par exemple ? Est-ce que l’exception actuelle est appelée à devenir la norme ?

Aussi, le comité de l’AVPES encourage plutôt les enseignants à privilégier un accompagnement de l’étudiant absent fondé sur la relation, même si cela exige souvent un travail plus important : mise à disposition de documents en ligne (via moodle par exemple), séance de réponses aux questions (en présentiel ou en ligne), échanges de courriels, etc.